(1ère partie)

Rav Imanouël Mergui

Tout être humain est à la recherche de la bénédiction et s’éloigne au maximum de la malédiction qui, d’ailleurs, le hante. La Tora traite de ce sujet dans plusieurs parachiotes, on pourrait même dire que c’est le souci de l’Eternel que d’accueillir l’homme par la bénédiction et de l’éloigner de la malédiction. Tous les jours nous lisons le 2ème passage du chémâ qui nous rappelle à l’ordre pour nous engager vers la bénédiction et nous épargner de la malédiction. Je laisserai la peine au lecteur de se référer aux textes de la Tora pour s’en remémorer les conditions et les enjeux de la bénédiction divine. Rappelons uniquement que la première lettre de la Tora est le ‘beth’’ première lettre également du mot ‘’bérah’a’’ – bénédiction (voir Otiyot déRabi Akiva) ; certainement pour nous indiquer que toute la Tora est un programme de bénédiction. Vous savez que j’aime les textes de la Tora orale : le Talmud essentiellement, je voudrais voyager avec vous dans certains passages talmudiques pour accéder à cette ‘’bénédiction’’ tant attendue et recherchée. Le monde chaotique dans lequel nous vivons aujourd’hui peut paraître come un univers déchu de tout espoir. Détrompez-vous donc, c’est bien à l’intérieur de l’obscurité que naît la lumière…

Il est à noter un point tout à fait remarquable, le Talmud ouvre par le traité Bérah’ot !!! Il contient 9 chapitres sur toutes les lois des bénédictions. La Tora écrite commence par la lettre de la bérah’a et la Tora orale débute également par les lois des bénédictions. A croire et à penser que c’est bien la première chose qui préoccupe la Tora, parce qu’en réalité c’est la première chose qui préoccupe l’homme. Bérah’ot 20b: « Ravina a demandé à Rava : les femmes sont-elles tenues de réciter le birkat hamazon (bénédiction d’après le repas) par ordre de la Tora ou par commandement des sages ? L’enjeu de la question est de savoir si la femme peut acquitter l’homme qui ne saurait pas lire. La guémara conclut : le fils peut réciter le birkat hamazon pour acquitter son père s’il ne sait pas réciter la bénédiction, de même le serviteur peut le faire pour acquitter son maître et ainsi la femme peut libérer son mari du birkat hamazon s’il ne peut le faire lui-même. Cependant les Sages ont dit : que la malédiction s’abatte sur celui qui doit être acquitté par ses proches ! ». Ce texte nous apprend que le premier pas vers la bénédiction c’est de savoir bénir ! Celui qui ne sait pas bénir et se voit dans l’obligation d’être acquitté par une autre personne, même sa femme et ses propres enfants, est maudit. Il ne peut bénéficier de la bénédiction s’il ne sait pas la prononcer. Rien de pire pour s’éloigner de la bénédiction que celui qui ne sait pas la prononcer. Ceci prend un sens particulier pour ce qui est du birkat hamazon, cette bénédiction récitée après le repas. De nombreuses lois régissent le birkat hamazon ; Rav Yossef Karo zal a consacré 21 chapitres sur les lois du birkat hamazon. Celui-ci est d’une importance supérieure à la prière, écrit mon maître Rav Wolbe ztsoukal. Il serait beaucoup trop long de faire l’apologie du birkat hamazon mais si on était conscient de son importance et de ses conséquences bénéfiques on s’y investirait avec une grande ferveur, plutôt que de le bâcler ou que de le faire en débarrassant la table ! Manger sans réciter cette bénédiction c’est s’attirer des ennuis. En réalité avant de manger on devrait s’assurer qu’après le repas on sera à même de faire un bon birkat hamazon. Le birkat hamazon c’est tout un programme, le schéma est le suivant : celui-ci est composé de quatre bénédictions ; 1) birkat hazan – bénédiction sur la nourriture, 2) birkat haarets – bénédiction sur la terre d’Israël, 3) birkat yérouchalaîm – bénédiction sur Yérouchalaïm, 3) birkat hatov véhamétiv – bénédiction sur les bienfaits divins. Bien entendu ceci n’est pas suffisant pour vous décrire le birkat hamazon et ses lois, ni suffisant pour vous donner envie de faire le birkat hamazon correctement.