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La fierté d’être

Rav Imanouel Mergui

La fierté d’être – La fierté d’être – par Rav Imanouël Mergui par Rav Imanouël Mergui On condamne souvent la fierté qui s’apparente à l’orgueil. Nous savons cependant que chaque trait de caractère de l’homme n’est pas mauvais en soi mais seulement de la façon dont il est employé ou encore lorsqu’il est utilisé de façon excessive. A cause de cela nous prohibons toute fierté, à tort puisque parfois la fierté est conseillée…
Analysons un verset dans Michleï 1-9 où le roi Chlomo dit ainsi « elles sont une couronne de grâce sur ta tête et un collier à ton cou ». Le Gaon de Vilna explique : « la couronne posée sur la tête représente l’intelligence, le collier posé sur le cou représente les bonnes actions. La couronne est faite d’une seule pièce tel le cerveau, représente la Tora qui est une lumière continue puisque l’homme est tenu d’étudier tout le temps la Tora. Le collier est l’association de plusieurs pièces, représentant les mitsvot qui chacune a une valeur individuelle et qui se pratique en son temps et lieu ». La Tora va donc permettre à l’homme de s’embellir des plus beaux bijoux, la Tora elle-même et les mitsvot sont les bijoux de l’homme. Le roi Chlomo nous invite à percevoir la Tora comme tel.
Si la Tora est représentée par de belles parures, c’est donc d’elles qu’on doit s’inspirer, or une femme qui porte des bijoux est fière et se sent belle ! Vivez la Tora avec fierté, nous conseille le Sage. Il est déplorable de voir ô combien certains juifs ont honte d’affirmer leur judaïsme : honte de faire chabat – dites clairement et fièrement à votre employeur que vous faites chabat ! Honte de dire qu’on mange cachère – dites à votre famille ou à vos amis que vous ne pouvez pas manger chez eux parce que ce n’est pas cachère (bien évidemment sans les blesser) ! Honte d’aller au mikwé ! Pourquoi avoir honte de pratiquer la Tora ? (la fierté du juif ne se résume pas aux diverses manifestations ‘’pro’’ et ‘’pseudo’’ juives…)
En ces jours où nous implorons manifestement la miséricorde divine, la meilleure façon de le faire c’est de lui dire ô combien nous sommes fières d’être ses enfants. D’ailleurs nous sommes un peu comme ces adolescents qui manifestent bien souvent de la honte de leurs parents. Si les enfants ont honte des parents (quelque soit le motif) c’est que les parents eux même ont honte de leur origine. Certes je ne fais pas la Tora pour manifesté de la fierté mal placée envers les autres mais les autres verront d’eux même combien rayonne une personne qui fait la Tora et les mitsvot tellement elle en est fière. La difficulté de pratiquer la Tora ne doit pas nous rebuter à la faire puisqu’on sait qu’elle va nous embellir, et cet embellissement va d’ailleurs l’alléger (Méâm Loêz) ; le poids et la difficulté de la Tora découle de l’absence de conscience qu’elle est une parure !
Le Talmud déduit de ce verset qu’en toute circonstance et quelque soit la douleur que l’homme est en train de traverser il se doit d’étudier la Tora. Selon notre discours cela veut dire que toute douleur ressentie est due à l’absence de fierté quant à l’activité qu’on est en train d’effectuer, nous voyons bien d’ailleurs que des sportifs par exemple sont prêts de fournir des efforts physiques voire douloureux pour remporter une médaille et un peu d’honneur. Leur motivation surpasse leur souffrance. La Tora fait mal parce qu’on a honte de la faire. Inspirons nous (autant que se peut) de ceux qui étaient fières de réciter le chémâ devant les atrocités qu’ils allaient cruellement subir. Et n’attendons pas ces états extrêmes pour se rappeler qu’il ne suffit pas d’être juif mais qu’en plus il faut en être fier.
Voilà un passage que nous disons dans la h’azara de moussaf du jour de kipour (venez un peu plus tôt que la néîla pour l’entendre…) « Comme il était majestueux le grand Cohen quand il sortait en paix du Sanctuaire… Heureux l’œil qui a vu tout cela… » (consultez l’Arme de la Parole – Kippour pages 558 à 568). En ce jour de kipour nous réveillons notre fierté à travers tout ce que nous faisons. Faire téchouva c’est prendre conscience du bonheur total, absolu, existentiel, illuminant qu’on a d’être sous la tutelle de l’Eternel et la chance inouï qu’on a de faire la Tora et les Mitsvot.