D’après le CHLA – Rav Yéchaïa Horovits zal

Il est dit dans le verset – Yéhochoua 1-8 « Ce livre de la Tora ne quittera pas
ta bouche, et tu l’étudieras jour et nuit ». A propos de ce verset le Rambam écrit –
Hilh’ot Talmoud Tora 1-8 « Tout homme d’Israël est tenu d’étudier la tora. Qu’il soit
pauvre ou riche. En bonne santé ou malade. Jeune homme ou vieillard. Même s’il est
très pauvre à ter point qu’il demande l’aumône. Même marié et père de famille ; il est
obligé de se fixer un temps pour étudier le jour et la nuit comme il est dit : ‘’tu
l’étudieras jour et nuit’’ ».

Il est enseigné au traité Yoma 35b « Le pauvre, le riche et le mécréant seront
présentés devant D’IEU pour le jour du jugement. On demandera au pauvre :
pourquoi n’as-tu pas étudié la Tora ? S’il répond qu’il était très pauvre et qu’il était
donc très occupé pour subvenir aux besoins de sa famille, on lui dira : étais-tu plus
pauvre que Hilel ?! … On demandera au riche : pourquoi n’as-tu pas étudié la Tora ?
S’il répond qu’il était très riche et donc très pris par ses affaires, on lui rétorquera :
«étais-tu plus riche que Rabi Eliezer ben H’arsoum qui possédait 1000 villes et milles
bateaux et s’est consacré pleinement à l’étude de la Tora ?! On demandera au
mécréant : pourquoi n’as-tu pas étudié la Tora ? S’il répond : j’étais très beau et
préoccupé par mon yetser hara (instinct…) ? On lui dira : étais-tu plus beau que
Yossef hatsadik qui était harcelé quotidiennement par la femme de son patron et ne
s’est pas laissé aller à la tentation ?! ».

Ce passage nécessite éclaircissement : en quoi ces trois personnages pensent
justifier leur manque d’étude de Tora ? Le pauvre est préoccupé, certes, mais l’est-il
en permanence ? N’a-t-il pas un peu de temps pour étudier ? Le riche : bien que très
occupé par ses affaires il aurait du justement aller étudier la Tora et ne pas se laisser
entraîner par ses préoccupations ? Le mécréant : que répond-il en prétextant qu’il était
animé par son yetser hara, justement s’il avait étudié la Tora il aurait surmonté son
yetser hara puisque la Tora est son remède ?

Il semblerait que ces trois types de personnes justifient leur manque d’étude
par (le plus vicieux
des prétextes !) le fait même que la Tora elle-même les en dispenserait (c’est là le
plus beau des paradoxes ! : se dispenser de la Tora par la Tora elle-même !…). Nous
connaissons bien (ou plutôt : mal) le principe énonçait par la Tora : « celui qui est
occupé par une mitsva est dispensé d’une autre mitsva ». Le riche veut dire en fait que
de par sa richesse il soutient des personnes qui étudient la Tora, ce qui, par conséquent
le dispense lui-même d’étudier la Tora. On lui répondra qu’il n’était certainement pas
aussi riche que Rabi Eliezer ben H’arsoum qui soutenait vraisemblablement des gens
qui étudiaient la Tora et s’est investi dans l’étude jusqu’à devenir lui-même un grand
maître. Le pauvre veut dire que la réalité de subvenir aux besoins de sa famille
s’inscrit dans la notion de h’essed et puisque la Tora elle-même est synonyme de
h’essed il serait dispensé d’étudier. C’est Hilel qui rejette ce type de raisonnement.
Enfin le mécréant qui est, ici, celui qui recherche les plaisirs (faciles) de ce monde est
s’efforce tout de même de ne pas (trop) les assouvir. Il se voit dispenser d’étudier la
Tora puisqu’il est investi dans cet exercice semblable à celui de la Tora. C’est Yossef
qui vient contrer ce type de prétexte).


[NB : AUCUN PRETEXTE ! pas même des (pseudo) raisonnements qui
puiseraient leur source dans la Tora. Soyons honnêtes, si on n’étudie pas la Tora c’est
parce qu’on n’a pas envie et le manque d’envie peut avoir plusieurs raisons, qui,
aucune d’elles ne justifient le manque d’étudier la Tora ?. Etudier la Tora est une
valeur absolue qu’aucune situation de la vie ne peut en dispenser l’homme…]

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